Ou Riton lui avait promis qu'il serait a l'abri le temps que les barrages de police se lèvent.
Alfred, septuagénaire qui semblait parfois rêvasser, écoutait pourtant attentivement Grégoire avec parfois un rictus aux lèvres.
"Dis moi mon garçon" lui dit il d'une voix placide, "tu ne sembles pas avoir suivi la même route que notre ami commun ; à la fleur de l'âge il était surnommé
Riton les doigts d'or, toute une dextérité dans le poignet et le bout des doigts ; jamais mis les pieds en cabane le loustique". Grégoire qui se brûlait la lipe avec le café se sentit penaud ; "il vous a donc prévenu de mon arrivée ?" "Evidemment" répondit Alfred rieur, "en tous cas, vingt ans pour trafic de voitures, je ne prendrai pas les coordonnées du bavard qui t'a défendu."
"C'est pas le tout, mais je vais te trouver ta planque". Il alla décrocher un manteau de poil de chameau à la patère, enfila ses souliers et posa délicatement sur sa tête un feutre taupé.
Grégoire enfila son blouson et suivit le vieil homme. Ils descendirent l'escalier en toute discrétion et se retrouvèrent rue de Clichy. Un vent froid leur piquait le visage ; Alfred se dirigea vers une 203 noire rutilante. Deux portières claquèrent et le véhicule déboita silencieusement. Vingt minutes plus tard, ils se retrouvèrent devant une immense porte de bois comportant un judas *. Alfred sonna et une soeur vint entrebailler un des lourds battants, elle regarda l'homme au couvre-chef et lui demanda le mot de passe : "Rintintin" chuchota ce dernier. "Très bien" fit la soeur, "vous pouvez rentrer chez vous, je m'en occupe." Alfred serra une poignée de main vigoureuse à Grégoire qui vit son bienfaiteur se fondre dans la nuit de sa démarche tranquille.
Il faisait un silence mortel dans ce couvent ; au loin douze coups de minuit sonnèrent à un clocher. Soeur Ange-Marie se retourna vers Grégoire pour lui faire signe de le suivre. Il se rapprocha de son visage et n'en croyant pas ses yeux lui fit tout de go "Mais c'est Georgette de la Place Blanche ! La régulière du Marquis !!" "Chutttttttttttt" lui répondit elle l'oeil courroucé, "tu veux réveiller le couvent ; il n'y a plus de Georgette, j'ai tapiné suffisamment longtemps et le Marquis s'est fait dessouder un beau matin par un jeune ambitieux, alors ici je suis au calme, je m'occupe des herbes arômatiques, je prépare les tisanes, les onguents et j'ai trouvé la foi ; je rends parfois service à des gens dans ton cas mais je ne sors plus d'ici."
"Reste le temps nécessaire pour repartir sans souci, voici ta chambre" ; elle poussa une porte qui donnait sur une pièce exigue meublée d'un lit, d'une table, d'une chaise et d'une armoire. "Je te porterai tes repas moi-même ; soit discret et tout se passera bien".
Dans le prochain épisode Grégoire est atteint d'une très étrange maladie.
* Par discrétion l'auteur n'a pas voulu indiquer le nom du couvent.
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Au 4 coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...